Fac similé de l'article publié sur le blog ANTICOR
Soirée de lancement réussie le 28 janvier pour la création du groupe local « ANTICOR MOSELLE » à Rombas, une ville de 10 000 habitants à 20 km de Metz.
Pourquoi Rombas ? Comme souvent, c’est une affaire locale qui scandalise des citoyens et qui, miroir de bien d’autres les motive pour se regrouper et agir. Nous vous racontons ici une histoire malheureusement ordinaire.
Le Maire de la commune (Lionel Fournier, PS) a été condamné définitivement en juillet 2009 pour détournement de bien public, soit 4 283 € d’essence. En effet, il faisait régulièrement facturer à la commune des pleins d’essence à usage personnel ou familial. Le Tribunal de Grande Instance de Metz n’a tenu compte, pour cause de prescription, que des trois dernières années de consommation alors que cela faisait plus de dix ans que cette habitude avait été prise. Il faut aussi savoir que le Maire n’avait pas de partie civile face à lui lors de son procès, le Tribunal Administratif ayant refusé à un élu de l’opposition, qui avait révélé l’affaire, de représenter la commune.
Enfin le Maire, qui n’avait été condamné qu’à 1 500 euros d’amende avec sursis pour ce détournement de bien public, a finalement obtenu le relevé de sa peine d’inéligibilité en janvier 2010. Ce qui fait que bien qu’à l’époque, sa peine imposait cette inéligibilité, il est resté Maire de sa commune.
Cet élu devait malgré tout figurer sur la liste du Parti Socialiste aux élections régionales de mars dernier, comme si de rien n’était, on comprend que des citoyens et des militants de Moselle aient pu s’indigner. Ils ont finis par obtenir son retrait de la liste. Les adhérents d’Anticor 57 s’inquiètent à l’approche des élections cantonales, pour lesquelles ce Maire pourrait être candidat. Bien qu’à leur connaissance, le remboursement de l’essence à la commune n’ait toujours pas été effectué, ils redoutent qu’il obtienne l’investiture ou le soutien de son parti, voire une non-concurrence lui laissant volontairement la voie libre.
On est là au cœur du combat d’Anticor : alors que nos principaux partis prétendent officiellement vouloir promouvoir l’éthique en politique, l’exemple qu’ils donnent lorsqu’ils investissent ou soutiennent des élus qui ont été condamnés définitivement est déplorable. Cela amène à gonfler l’abstention et ce sentiment répété que d’« élus tous pourris et complices entre eux » qu’ont les citoyens. Or ces partis osent ensuite se plaindre de ce « tous pourris » qu’ils alimentent eux-mêmes avec ce type d’attitude, avec pour conséquence de rejeter certains de leurs électeurs vers des votes extrémistes. Il ne s’agit pas pour nous, bien au contraire, de rejeter l’ensemble de la classe politique : c’est de l’intérieur qu’il faut assainir notre système démocratique, entre autre en convaincant les militants des partis politiques de cesser de soutenir ceux qui ne respectent pas l’indispensable exemplarité des élus.
Il y avait donc vendredi soir à Rombas une trentaine de participants pour cette réunion de lancement d’Anticor Moselle, dont une dizaine d’élus de la ville, ainsi que d’autres élus ou anciens élus, et des citoyens de tout bord politique. L’ancienne députée européenne des verts de 1999 à 2009, Marie-Anne Isler-Béguin, était notamment parmi eux.

C’est avec une grande qualité d’écoute qu’ils ont pu entendre Julien Vick, le jeune militant d’Anticor à l’origine de la création de ce groupe local, Alphonse Monaco (debout sur photo), Président
des élus de l’opposition de Rombas, et Jean-Luc Trotignon, Vice-Président d’Anticor en charge des collectivités locales. La soirée s’est conclue par l’adhésion à Anticor du tiers des
participants, d’autres participants repartant avec leur bulletin d’adhésion pour y réfléchir.
Anticor 57 a créé son blog, déjà très visité suite à un article du Républicain Lorrain annonçant la réunion, où tous les citoyens de Moselle qui s’interrogent sur le respect de la légalité par leurs élus peuvent laisser une demande de conseil ou de renseignement. Car il ne s’agit pas d’agir à leur place, mais de les inciter à le faire eux-mêmes en les guidant et en mutualisant les expériences.
Longue vie active à Anticor 57, en espérant que d’autres citoyens indignés suivront cet exemple, avec l’envie de créer chez eux un nouveau groupe local Anticor !