LETTRE OUVERTE à Claude FILIPPI, candidat U.M.P. aux élections des 20 et 27 mars 2011 pour le canton de Aurons, Cornillon-Confoux, La Barben, La Fare les Oliviers, Lançon-Provence, Pélissanne, Velaux, Ventabren.
Pélissanne le 7 mars 2011
Monsieur,
Dans le cadre de la campagne pour les élections des 20 et 27 mars, nous avons échangé très cordialement, quelques mots, dimanche matin sur le marché de Pélissanne.
Vous m’avez dit, être en accord avec la position des associations et des commerçants qui combattent le projet d’implantation du supermarché à la cour des Lices. J’ose espérer qu’à cet instant précis, vous n’étiez pas comme Michèle ALLIOT-MARIE, un militant U.M.P. à temps partiel.
Je vous ai alors demandé si vous avez exprimé publiquement cette position, ce à quoi vous m’avez répondu que personne ne vous avez interpelé sur ce sujet.
Aujourd’hui donc, je me permets, au nom des 4 associations et des commerçants de Pélissanne de vous poser publiquement la question : « Comment vous positionnez-vous sur le projet de l’implantation d’INTERMARCHE, à la cour des Lices » ?
Dans l’hypothèse où vous partagez notre combat que comptez-vous faire concrètement pour mettre un terme à l’expansionnisme de la Grande et Moyenne distribution, qui, pour un emploi créé en détruit deux ?
Si vous en avez convenance, pourquoi alors ne pas vous exprimer publiquement sur le site de la cour des Lices ?
Vous trouverez joint à la présente, un petit historique-analyse des différents projets d’implantation d’une moyenne surface à la cour des Lices.
Recevez, Monsieur, mes salutations .
Gilbert LAURENT, président de l’association
Depuis 2000, des Pélissannais s’opposent à ce projet du maire UMP, avec des arguments, notamment juridiques, qui ont permis de différer sa réalisation pendant dix ans. A plusieurs reprises, l’Association Pélissanne Culture et Citoyenneté à organisé des débats au cours desquels sont intervenus des experts en urbanisme, des élus pélissannais de tous bords, des associations dévolues à l’environnement ou à la défense du cadre de vie et du commerce de proximité. Deux élus d’alors ont réussi, une première fois, à faire annuler la décision municipale qui, sous prétexte d’implanter un supermarché, prévoyait une modification du PLU d’une telle envergure qu’elle aurait permis la création d’une zone commerciale de très grande ampleur. Après un jugement en appel favorable au maire, l’affaire a été portée devant le Conseil d’Etat qui, à ce jour, ne s’est pas encore prononcé.
Depuis et parallèlement au cours de ces dix années, le projet a été retoqué plusieurs fois, qu’il s’agisse de son permis de construire ou de sa légitimité commerciale. Les associations locales de défense de l’environnement, du cadre de vie, du commerce de proximité (l’ANEC, AD3P, Les Hirondelles, En Toute Franchise) et les commerçants (de plus en plus nombreux) restent mobilisées contre ce projet. Si l’on s’en tient aux données objectives, Pélissanne n’a pas besoin de grande surface : Nous sommes non seulement dans une région suréquipée, mais aussi dans un département suréquipé… et encore dans une zone de chalandise suréquipée ! Nous avons déjà un supermarché à Pélissanne (ALDI), va-t-on nous rétorquer : « Oui, mais ce n’est pas pareil… ce n’est pas un vrai supermarché » ; c’est pourtant bien sous cette appellation qu’on l’a vendu aux Pélissannais. Quant aux arguments avancés par le maire de Pélissanne, emprunté à la rhétorique libérale classique qui consiste à prétendre que les supermarchés créent des emplois locaux, qu’on nous montre une ville où le taux de chômage a baissé deux ans après l’implantation d’une grande surface. La grande distribution détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée. Elle détruit des emplois d’artisans, de commerçants et de salariés de proximité ; en contrepartie, elle crée des emplois précaires qu’elle finit par remplacer par des robots, elle impose des conditions de travail incompatibles avec la vie de famille et, désormais, elle cherche à s’affranchir du SMIC !
Comment pourrait obliger un supermarché à acheter et à embaucher local, voire
simplement français, même par le truchement d’une charte, sans que ce supermarché ne
tombe sous le coup d’une loi sur la discrimination ? Si jamais elle était signée (ce qui n’engagerait pas à grand-chose), la charte en question pourrait bien être la première preuve à charge à arriver sur le bureau du juge !
A Pélissanne, comme à Grans, il existe une volonté farouche des maires de privilégier ce mode de distribution. C’est leur choix, celui de potentats locaux bien installés dans la France de Sarkozy, pour qui l’écologie, le cadre de vie, les associations, comme d’ailleurs la Princesse de Clèves, « ça commence à bien faire ».